Nonville

2020

Non à de nouveaux forages d’hydrocarbures !

LE PÉTROLIER Bridgeoil projette de forer dix puits supplémentaires sur sa concession de Nonville, ce qui porterait à 12 le nombre de puits sur la commune. La plateforme actuelle (photo) déjà proche des maisons du village et d’un centre équestre serait doublée et irait jusqu’aux bois…
EBG a lancé une pétition contre ce projet et une page informative (https://www.nonauxforages.org/) pour bien comprendre les risques et les problèmes que cela pose pour la population et pour le territoire. Merci de signer notre pétition électronique et de la partager un maximum. Vous pouvez aussi suivre la mobilisation sur la page Facebook @nonauxforages.webloc.
L’enquête publique est en cours et se termine le 19 octobre.

EBG  (septembre 2020)

Bridgeoil remet le couvert

COUP DE TONNERRE le 24 août dans le Bocage gâtinais : Bridgeoil demande d’ouvrir des travaux miniers sur sa concession de Nonville afin de pouvoir étendre sa plateforme pétrolière et de forer dix puits supplémentaires. Notre association s’est aussitôt mobilisée pour contester ce projet insensé.
EBG a donné l’alerte sur sa page Facebook dès le 24 août en relayant le premier avis d’enquête publique paru ce jour-là dans la presse : 1 251 personnes ont été touchées dont les journalistes locaux. L’essentiel, au départ, était de faire circuler l’information avant d’étudier le dossier de Bridgeoil mis en ligne sur le site Internet des services de l’État en Seine-et-Marne le 19 septembre, date de l’ouverture de l’enquête publique qui ne dure qu’un mois.

Au mépris des riverains
Les Nonvillois sont en première ligne depuis le 17 juillet 2009 lorsque Bridgeoil a obtenu l’attribution de la concession dite de Nonville pour une durée de vingt-cinq ans, soit jusqu’en 2034 (et même 2039 s’il obtient une « rallonge »). Ils subissent le bruit des forages, le trafic de camions, les nuisances olfactives dues aux émissions du gaz H2S et ils en ont plus qu’assez.
En juillet 2017, le pétrolier a demandé d’étendre sa concession au sud sur les territoires de Nonville, Darvault et Treuzy-Levelay(1), mais il n’a pas reçu l’accord du ministère dans les délais (en février 2020) et il a introduit un recours.
En août 2019, il a récidivé en demandant une extension de sa concession à l’est sur les territoires de Nonville, La Genevraye, Nanteau-sur-Lunain, Treuzy-Levelay, Villemaréchal et Villemer. EBG a réagi en  lançant une pétition qui a recueilli 1 895 signatures (2). Le ministère a jusqu’en janvier 2021 pour répondre à Bridgeoil. Enfin, cet été, le pétrolier a remis le couvert au mépris des riverains. Dès le 15 septembre, le Conseil municipal de Nonville a d’ailleurs voté à l’unanimité contre ce projet.

Un grand élan de solidarité
De son côté, EBG a préparé une pétition électronique intitulée « Refusons l’extension de forages pétroliers à 4 km de la forêt de Fontainebleau et ailleurs ». Elle était assortie d’un mini-site permettant de comprendre les risques de l’exploitation du pétrole pour les habitants et le territoire. Car le projet de Bridgeoil va bien au-delà des frontières de Nonville. Exemple : en cas d’accident lors des forages ou de l’exploitation, les champs de captage d’eau potable de Villeron et Villemer pourraient être pollués. Or, cette eau est destinée à la consommation de 300 000 Parisiens et la même nappe souterraine alimente les communes locales.
Notre pétition a vite pris de l’ampleur, y compris au niveau national. À l’instant T où notre bulletin part à l’imprimerie, elle a déjà recueilli 13 637 signatures, dont celle de Yann Arthus-Bertrand ! France Nature Environnement Seine-et-Marne, à laquelle EBG est affilié, a soutenu notre démarche. Le président de l’Association des maires ruraux de Seine-et-Marne, François Deysson, a relayé l’information sur son site. Autant de marques de solidarité qui donnent de l’énergie à notre association.
Le lundi 19 octobre, à la fin de l’enquête publique, EBG a remis sa pétition au commissaire enquêteur avec un courrier argumenté. Chacun sait qu’il est urgent de sortir des énergies fossiles en partie responsables du réchauffement climatique sur la planète Gâtinais comme sur la planète Terre. EBG infos n° 52 (octobre 2020)


(1) Voir EBG infos n°46. (2) EBG infos n°51.

Courrier au commissaire enquêteur

OPPOSÉ au nouveau projet de la société Bridgeoil, EBG a remis un courrier argumenté au commissaire enquêteur le 19 octobre 2020 avec le fichier PDF de la pétition lancée trois semaines auparavant. En voici les éléments essentiels.

EBG s’oppose à la demande d’ouverture de travaux miniers sur la concession d’hydrocarbures de Nonville, demande introduite par la société Bridgeoil.

1 Son projet d’étendre sa plateforme pétrolière et de forer dix puits supplémentaires est incompatible avec les engagements de la Conférence de Paris sur le changement climatique (Cop 21) de 2015. L’enjeu est de réduire les émissions de gaz à effet de serre, provoquées notamment par l’utilisation du pétrole. C’est d’ailleurs pourquoi l’État a décidé d’interdire à partir de 2022 le remplacement des chaudières « en fin de carrière » par des chaudières au fuel. L’État doit faire preuve de cohérence et donc refuser, lui aussi, la demande de Bridgeoil.

2 À l’échelle locale, les Nonvillois subissent depuis des années des nuisances sonores et des vibrations non-stop lors du forage d’un puits et lors des interventions sur les puits. À cela s’ajoutent le trafic des camions, les nuisances olfactives dues aux émissions de gaz H2S, les risques sanitaires, la perte de valeur immobilière de leurs biens et, dans certains cas comme celui du centre hippique proche du site pétrolier, une forte baisse d’activités économiques. Le forage de dix puits supplémentaires aggraverait considérablement une situation déjà inacceptable à l’heure actuelle.
Dès le 15 septembre 2020, le Conseil municipal de Nonville a d’ailleurs voté à l’unanimité contre le projet de Bridgeoil avançant des arguments qu’EBG partage totalement. Il a entre autres rappelé que l’extension demandée par le pétrolier « se situe sur la bande de lisière forestière protégée de 50 mètres (le bois des Cailloux qui est en cours de classement zone Espace naturel sensible) » au mépris de la réglementation en vigueur du PLU de la commune. De plus, cette extension se trouve près de la zone Natura 2000 proche du Lunain.

3La demande de Bridgeoil – si elle était acceptée – comporte de multiples risques qui dépassent les frontières du territoire de Nonville. En effet, l’exploitation pétrolière est proche de l’une des plus importantes sources d’eau potable de notre région. Eau de Paris gère cette source dont bénéficient plus de 300 000 Parisiens. Cette entreprise souhaite instaurer des périmètres de protection autour des captages des sources situés sur les territoires de Bourron-Marlotte, La Genevraye et Villemer, ce qui a fait l’objet d’une enquête publique clôturée le 12 septembre dernier. EBG a donné un avis très favorable sur ce dossier car le risque de pollution par les produits phytosanitaires comme par des accidents provoqués lors du forage, de l’exploitation et du transport des hydrocarbures est réel et doit être supprimé.
La protection par Eau de Paris de la ressource en eau bénéficie aussi à la protection des captages utilisés pour alimenter les communes adhérant au Syndicat intercommunal d’assainissement et d’adduction d’eau potable (SIAAEP) du Bocage, à savoir Blennes, Chevry-en-Sereine, Diant, Lorrez-le-Bocage, Saint-Ange-le-Vieil, Vaux-sur-Lunain et dès 2021 Villemaréchal.
L’accroissement des activités de Bridgeoil irait de pair avec l’accroissement des risques de pollution, ce qui est inacceptable.

4 La fermeture de la raffinerie de Grand-Puits annoncée par Total le 24 septembre 2020 était prévisible depuis plusieurs mois. Or, c’est là – à 45 km de Nonville – que Bridgeoil acheminait l’huile destinée à être transformée en pétrole. Dans son dossier, Bridgeoil n’a pas tenu compte de cette hypothèse. Lui resterait la possibilité de se reporter sur la raffinerie du Havre située à environ 250 km de Nonville. Les trajets des camions-citernes seraient donc multipliés par cinq, augmentant les risques routiers et générant beaucoup plus d’émissions de particules fines. C’est inadmissible.

5 Autre motif d’inquiétude : le devenir du site à la fin de son exploitation. Rappelons que Bridgeoil a obtenu le 17 juillet 2009 l’attribution de la concession dite de Nonville pour une durée de vingt-cinq ans, soit jusqu’en 2034.Aujourd’hui, dans son dossier de demande d’autorisation de travaux, le pétrolier ne met nulle part l’accent sur la réhabilitation du site après sa fermeture définitive. Il signale simplement au point II.2 que les travaux d’exploitation sont encadrés par l’arrêté préfectoral n° 2011/DCSE/M/015 du 28 septembre 2011. L’article 17 de cet arrêté stipule que « À l’issue des travaux de forage, le site est remis en état conformément au dossier de demande ». Et l’article 18 précise que « En cas de renoncement à l’utilisation des puits à l’issue des travaux ou en cas d’arrêt de l’exploitation, ceux-ci devront être bouchés conformément à un programme technique de bouchage, soumis à l’approbation préalable de la DRIEE Île-de-France ».
Compte tenu de la mauvaise situation financière de Bridgeoil, EBG émet les plus grands doutes quant à la qualité de la réhabilitation du site dans quatorze ans. Contrairement à d’autres entreprises comme Piketty (exploitation de la carrière d’Écuelles) et GSM (exploitation de chailles à Thoury-Ferrottes et Saint-Ange-le-Vieil) qui se sont engagées clairement à restaurer les lieux (réhabilitation toutefois douteuse dans certains cas), Bridgeoil ne met pas en avant une ferme intention de réparer les dégâts causés à l’environnement par ses activités.
Il y a déjà de quoi s’alarmer à ce sujet dans la situation actuelle. Qu’en serait-il si Bridgeoil obtenait un feu vert pour étendre sa plateforme et creuser dix puits supplémentaires, créant ainsi une « zone industrielle » à proximité des habitations !

6 Au vu des raisons exposées ci-dessus, EBG a lancé une pétition électronique intitulée « Refusons l’extension de forages pétroliers à 4 km de la forêt de Fontainebleau et ailleurs » dont vous trouverez le texte ci-après. Elle était accompagnée d’un site Internet permettant de comprendre les risques de l’exploitation du pétrole pour les habitants et le territoire. Elle a reçu le soutien officiel de France Nature Environnement Seine-et-Marne. Elle a été relayée par l’Association des maires ruraux de Seine-et-Marne sur sa page Facebook, par des associations locales, régionales et nationales, par de nombreuses personnalités et par la presse locale et nationale.
Grâce à cette solidarité, notre pétition a recueilli 67 116 signatures le 19 octobre à 11h45. Nous vous en avons envoyé le fichier PDF à l’adresse nonville-travauxminiers-bridgeoil@enquetepublique.net

EBG  (19 octobre 2020)

2021

Projet de nouveaux forages :
avis défavorable du commissaire enquêteur

LA MOBILISATION PAIE ! Le 24 août 2020, Bridgeoil avait demandé d’étendre sa plateforme pétrolière et de forer dix puits supplémentaires sur sa concession dite de Nonville. EBG a aussitôt donné l’alerte et lancé une pétition pendant l’enquête publique qui s’est déroulée du 19 septembre au 19 octobre.
Notre pétition en ligne – soutenue par France Nature Environnement Seine-et-Marne – a recueilli quelque 70 000 signatures le jour de la clôture de l’enquête à 17 heures.
Merci de l’avoir signée et partagée avec vos contacts. Merci à ceux qui ont pris la peine de rencontrer le commissaire enquêteur et de noter leurs observations sur le registre papier ou électronique. Merci aux associations et aux médias d’avoir relayé l’action d’EBG.
« Il conviendra de noter l’absence de la moindre observation favorable au projet Bridgeoil », écrit le commissaire enquêteur qui conclut par un avis défavorable. Pour lire son rapport très clair et très complet publié mi-janvier 2021, cliquez sur le lien ci-dessous.
https://www.seine-et-marne.gouv.fr/…/Rapport-et…
EBG reste très vigilant sur ce dossier. EBG  (17/01/2021)