Chaintraux / Poligny / Souppes-sur-Loing

2025

La contribution d’EBG

L’étude du dossier démontre l’impact plus ou moins important du projet de parc éolien la Tonnelle sur plusieurs villages et sites se trouvant dans le périmètre d’intervention d’EBG, impliquant pour leurs habitants un changement de leur environnement et une obligation de s’y adapter.
A cet égard, les aspects visuels jouent un rôle essentiel dans l’acceptation du projet. Or les études d’impact visuel communiquées par le porteur de projet mettent en évidence l’emprise visuelle importante sur la structure du paysage, proche et plus éloignée. Dans ce paysage rural, la question de la capacité d’accueil d’éléments massifs pouvant atteindre 230 mètres de haut ne peut qu’être posée. Leur intégration harmonieuse semble difficile, voire impossible. On ne peut nier que la présence de l’éolien dans le paysage s’impose dans tous les champs de vision de façon permanente et incontournable.
Il suffit de regarder les photographies des bourgs et hameaux situés dans l’aire immédiate (p. 132 à 140 – étude volet paysager) pour se rendre compte que la présence du parc éolien dans leur horizon proche sera oppressante pour leurs habitants. D’ailleurs, la valeur de sensibilité retenue dans l’étude est évaluée comme forte, voire même très forte. Il ne faut donc pas ignorer le ressenti local qui mène à la contestation. D’autant plus que la communauté de communes Gâtinais Val de Loing compte déjà 28 éoliennes sur son territoire. Le projet de La Tonnelle s’ajoute aux parcs en activité à proximité auxquels pourrait s’ajouter l’autre projet de RENNER ENERGIES sur le secteur d’Egreville s’il est accepté. Cette densité d’éoliennes pose forcément la question du phénomène de saturation visuelle qu’il faut absolument prendre en compte pour estimer si le projet en question est cohérent à la fois pour les communes les plus proches, mais également pour le territoire du Sud Seine-et-Marne qui subira lui aussi un impact, certes moins important mais réel.
L’étude d’impact volet paysager le confirme puisqu’il y est annoncé (p. 48 à 55) que les éoliennes seront potentiellement visibles depuis des sites protégés situés à plus de 10 km, comme par exemple, le site classé de la vallée de l’Orvanne à Villecerf (à 11,3 km) et le château de Chevry-en-Sereine (à 12,8 km). Et même si la sensibilité de ces sites est évaluée comme très faible, il reste que des éoliennes distantes de plus de 10 km peuvent être perçues comme présentes dans le panorama paysager par les habitants du secteur et les déranger.

A ces effets visuels subis par les habitants proches de la zone, s’ajoutent les effets sonores des éoliennes qui peuvent porter atteinte à la santé de ceux qui doivent les supporter. L’étude d’impact acoustique est donc obligatoire. De plus, depuis l’arrêt rendu par le Conseil d’État le 2 mai 2025, cette étude d’impact doit évaluer les effets cumulés des bruits causés par les éoliennes projetées avec ceux émanant de toutes les installations classées (ICPE) situées à proximité de la zone d’implantation. Plusieurs ICPE étant proches de la zone considérée, par exemple des carrières, le porteur de projet devra se conformer à cette nouvelle obligation.
Le Sud Seine-et-Marne est un territoire dont la qualité et la diversité des paysages doivent être préservées, dont la grande richesse patrimoniale, composée de nombreux monuments historiques, de sites patrimoniaux remarquables, et de sites classés ou inscrits, doit être protégée et dont la préservation du cadre de vie de ses habitants est essentielle, tout comme son développement touristique. Il sera impératif de privilégier ces atouts lors de la prise de décision.
Ce territoire est également un réservoir important de biodiversité qui ne doit pas subir les conséquences néfastes de l’éolien sur la faune, la flore et les habitats. Ce territoire va devoir supporter un bouleversement important généré par un projet qui va transformer des espaces agricoles et boisés en terrain industriel en les détruisant et en imperméabilisant les sols, ce qui aura un impact désastreux sur la biodiversité de la zone et particulièrement sur la faune locale dont l’habitat sera détruit et également sur les oiseaux de passage perturbés dans leurs habitudes migratoires. Il faut ajouter à ce triste constat la mortalité des oiseaux due aux éoliennes malgré les dispositifs de détection. Que des effets négatifs sur une biodiversité déjà en difficulté et qu’il faudrait protéger plutôt que détruire.
Nous souhaitons compléter nos observations par les remarques suivantes :
il faut rappeler que par délibération portant sur l’identification des zones d’accélération des énergies renouvelables et après sondage auprès de ses administrés, le conseil municipal de Poligny a choisi de retenir en priorité le développement du solaire photovoltaïque. Par là même, il exclut l’éolien sur son territoire. Pour autant, la zone choisie pour l’implantation du parc est située en grande partie sur POLIGNY et au plus près de POLIGNY (à 600 m). Ce choix ne pouvait mener qu’à l’incompréhension et à l’opposition des élus et de la population. Il faut en tenir compte.

Dans le dossier soumis à concertation, page 25, le porteur de projet rappelle les objectifs de la communauté de communes du Gâtinais Val de Loing fixés à 733 GWh dont 700 GWh en énergie éolienne contre 350 GWh, en produisant un extrait du site internet de cette ECPI daté du 7 et 8 avril 2025 ( ?). Cette annonce laisse penser que l’objectif éolien est loin d’être atteint, ce qui est troublant au vu de l’opposition locale. Mais en vérifiant sur le site de la CCGVL, on ne peut que se rendre compte que l’extrait utilisé est tronqué, puisque les informations sur les projets de développement d’énergies renouvelables ne sont pas à jour. La liste des projets n’a pas été actualisée, notamment celle des projets éoliens, celui d’ICHY ayant été autorisé depuis le 29 octobre 2024, celui de Beaumont-du-Gâtinais nommé Gâtinais II ayant été mis en service en avril 2022. Il faut en déduire que les objectifs de la CCGVL communiqués ont été fixés avant 2022 et ne sont donc plus d’actualité. Alors, pourquoi les utiliser comme argument en faveur de l’éolien ? En tout cas, cela ne permet pas d’établir la confiance nécessaire pour mener à bien cette concertation, ce qui peut être dommageable au vu de l’opposition importante au projet.
Concernant le GR 13 qui se situera au centre du site, la photo 73 page 128 de l’étude d’impact volet paysager démontre que la visibilité des éoliennes sera totale. Tous les chemins de grande ou petite randonnée intégrés ou non dans la voie verte pourront subir des nuisances. La Fédération de randonnée doit impérativement être consultée pour que tous les sentiers conservent leur attractivité habituelle.
La candidature de la forêt de Fontainebleau au Patrimoine mondial de l’Unesco est en cours d’examen. Sa situation peu éloignée au nord de la zone éolienne ne doit en aucun cas lui apporter des nuisances visuelles mettant en jeu son classement.

Les impacts du raccordement du site devront être limités au maximum. Même si les câbles sont enterrés et suivent le tracé des routes existantes, les dégâts sur les voiries restent importants et ont un coût pour les communes concernées sans contrepartie. Ces dégradations risquent de rester en état par manque de financement, encore une atteinte au paysage et au cadre de vie des habitants. Pour éviter cela, la prise en charge financière des conséquences du raccordement sera-t-elle intégrée au projet ?
Enfin, dans quelles conditions le démantèlement du parc et la gestion de ses déchets seront organisés ? Comment sera effectuée la remise en état du site et des chemins ?
Les garanties financières de RENNER ENERGIES seront-elles suffisantes pour assurer ces opérations, sachant que cette société est détenue à 100 % par le fonds GRPIII de l’américain Blackrock et que la société bénéficie d’aides publiques ? Au vu des événements actuels (politique économique trumpiste et obligation de réduire la dette française), les facteurs de risque financiers sont extrêmement importants. Le porteur de projet devra impérativement clarifier l’aspect financier de son projet sur toute sa durée.